Le Dr Olivier Celhay, chirurgien urologue au sein d’Urologie Bordeaux Saint-Gatien, vient de réaliser sa 100 neurolyse laparoscopique robot-assistée pour compression d’un nerf pelvi-périnéal. 

Plus de 100 neurolyses robot-assistées des nerfs pelvi-périnéaux à Bordeaux

Le Dr Olivier Celhay, chirurgien urologue au sein d’Urologie Bordeaux Saint-Gatien, vient de réaliser sa 100ᵉ neurolyse laparoscopique robot-assistée pour compression d’un nerf pelvi-périnéal.

Derrière ce cap : plus de 2 000 consultations spécialisées, des techniques chirurgicales publiées et plusieurs études cliniques destinées à en évaluer les résultats.

De quoi s’agit-il ?

Une neurolyse laparoscopique robot-assistée consiste à libérer un nerf comprimé du tissu fibreux qui l’enserre, par quatre petites incisions plutôt que par un abord ouvert.

Les nerfs concernés sont les nerfs pelvi-périnéaux somatiques – ceux de la sensibilité et de la motricité, à distinguer des nerfs neuro-végétatifs : nerf pudendal, nerf clunéal inférieur, nerf cutané postérieur de la cuisse, nerf sciatique, tronc lombo-sacré et racines sacrées.

La compression peut être d’origine cicatricielle, post-traumatique, iatrogène après une chirurgie pelvienne, vasculaire, ou liée à une endométriose profonde. Elle provoque une douleur neuropathique chronique – parfois présente depuis des années avant qu’un diagnostic ne soit posé.

Cent interventions, et plus de 2 000 consultations

Le chiffre qui compte n’est pas seulement celui des opérations, mais leur proportion : ces cent interventions s’inscrivent dans plus de 2 000 consultations spécialisées. La chirurgie ne concerne donc qu’une minorité des personnes reçues.

C’est le rapport entre ces deux nombres qui décrit le mieux la pratique. Une douleur pelvi-périnéale chronique n’appelle pas une opération par défaut. Elle appelle d’abord un diagnostic puis, dans la grande majorité des cas, une prise en charge médicale et pluridisciplinaire.

Comment l’indication est-elle posée ?

La chirurgie n’est envisagée qu’après échec des traitements médicaux, des infiltrations, de la rééducation et d’une prise en charge pluridisciplinaire.

L’évaluation repose d’abord sur une consultation spécialisée et un examen clinique neuro-pelvien permettant de rechercher le territoire nerveux atteint et les éventuels points de compression.

Deux examens complémentaires participent ensuite au bilan :

  • un bloc anesthésique test, réalisé au contact du nerf suspecté sous repérage scanographique ou échographique. Un soulagement franc et transitoire dans le territoire du nerf constitue un argument important en faveur d’une origine nerveuse de la douleur ;
  • une IRM pelvienne, notamment destinée à rechercher une éventuelle lésion et à écarter d’autres causes pouvant expliquer les symptômes.

L’indication chirurgicale repose ainsi sur un ensemble d’éléments cliniques et paracliniques concordants. Cette sélection rigoureuse des patients est une étape essentielle de la prise en charge.

Pourquoi la voie robotique ?

La voie laparoscopique robot-assistée constitue une alternative mini-invasive à la voie trans-glutéale pour certaines décompressions des nerfs pelvi-périnéaux.

Elle apporte notamment :

  • une vision tridimensionnelle agrandie des structures nerveuses et vasculaires ;
  • des instruments articulés permettant une dissection précise dans un espace anatomique profond et complexe ;
  • un abord par quatre petites incisions abdominales plutôt que par un abord ouvert.

Cette chirurgie reste néanmoins difficile, car elle est conduite au contact immédiat des nerfs et des gros vaisseaux pelviens. Elle nécessite une expertise spécifique et comporte un risque de complications neurologiques et vasculaires, rapporté dans les publications de l’équipe.

Deux techniques conçues ici, puis publiées

Les voies d’abord robotiques qui structurent cette activité ont été développées par le Dr Olivier Celhay puis publiées dans le Journal of Minimally Invasive Gynecology et présentées lors de congrès internationaux.

La décompression combinée des nerfs pudendal et clunéal inférieur par voie robotique transpéritonéale, standardisée en quatre temps opératoires, a été publiée en 2024.

Celhay O, Roman H, Pasticier G, Calvarin E, Gomez C, Susperregui J, Palamara C, Michiels C. Combined Decompression of Pudendal and Inferior Cluneal Nerves for Entrapment Neuralgias Using Transperitoneal Robotic Laparoscopy: Feasibility and Our Four-Step Technique. J Minim Invasive Gynecol. 2024;31(8):638-639. DOI : 10.1016/j.jmig.2024.03.009.

La neurolyse du plexus lombo-sacré dans les enclavements fibreux post-traumatiques et iatrogènes a également fait l’objet d’une publication en 2026.

Celhay O, Roman H, Merlot B, Dupire A. Robot-Assisted Laparoscopic Neurolysis for Fibrotic Entrapment of the Lumbosacral Plexus in Post-Traumatic and Iatrogenic Chronic Pelvic Pain. J Minim Invasive Gynecol. 2026;33(6):679-680. DOI : 10.1016/j.jmig.2026.01.014.

Deux autres travaux, menés avec le Pr Horace Roman (IFEMEndo, Clinique Tivoli-Ducos), portent sur l’endométriose profonde atteignant les nerfs pelviens — un domaine dans lequel chirurgie de l’endométriose et chirurgie des nerfs pelviens se rejoignent.

Deux études cliniques en cours

Une technique chirurgicale doit également pouvoir être évaluée par ses résultats. Deux études observationnelles sont ouvertes, promues par le groupe et enregistrées sur ClinicalTrials.gov :

  • X-DECO (NCT06578767) — 200 patients attendus. Cette étude évalue les résultats de la décompression pudendale et clunéale à un an, sur un critère composite associant l’intensité douloureuse, la tolérance à la position assise et l’impression globale de changement rapportée par le patient. Elle mesure également l’anxiété, la dépression, le syndrome de stress post-traumatique et la qualité de vie. Le suivi est prévu jusqu’à cinq ans.
  • Regen (NCT06796595) — cette étude porte sur un programme médical péri-opératoire destiné à optimiser la régénération nerveuse après neurolyse. La décompression lève la contrainte mécanique exercée sur le nerf ; elle ne garantit pas à elle seule sa récupération.

Deux protocoles supplémentaires sont en préparation : LS-DECO, sur le plexus lombo-sacré, et TL-DECO, sur le plexus thoraco-lombaire.

Jamais un geste isolé

Aucune de ces cent interventions n’est le fait d’une seule personne.

Cette prise en charge repose sur une équipe pluridisciplinaire constituée dans la durée : les médecins adresseurs, les médecins de la douleur, les radiologues, les kinésithérapeutes spécialisés, les équipes d’urologie et de chirurgie robotique, de gynécologie et de chirurgie de l’endométriose – notamment IFEMEndo – ainsi que de chirurgie colorectale, les anesthésistes, les infirmières et infirmiers de bloc opératoire et les techniciens robotiques.

Le Dr Celhay tient à remercier les équipes de la Clinique Tivoli-Ducos et l’ensemble des professionnels qui assurent au quotidien cette prise en charge et le suivi des patients.

Ce que cent interventions ne disent pas

Elles ne disent pas que chaque nerf récupère.

Elles ne disent pas que la chirurgie est la réponse pour tous les patients.

Ce qu’elles montrent, c’est qu’une pathologie complexe et longtemps difficile à identifier bénéficie aujourd’hui d’une prise en charge structurée et pluridisciplinaire, de techniques chirurgicales publiées et d’études cliniques en cours destinées à en mesurer les résultats.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une neurolyse laparoscopique robot-assistée ?
Il s’agit d’une intervention visant à libérer un nerf comprimé du tissu fibreux qui l’enserre, par voie abdominale et à l’aide d’une assistance robotique. Elle peut concerner différents nerfs pelvi-périnéaux, notamment le nerf pudendal, le nerf clunéal inférieur ou certains nerfs issus du plexus lombo-sacré.

Qui peut bénéficier d’une décompression nerveuse pelvienne ?
La chirurgie est envisagée dans certaines formes résistantes au traitement médical, après une évaluation spécialisée comprenant un interrogatoire approfondi, un examen clinique neuro-pelvien et des examens complémentaires. Sur plus de 2 000 consultations spécialisées, seule une minorité des patients reçus relève d’une intervention chirurgicale.

Quels sont les risques de cette chirurgie ?
Il s’agit d’une chirurgie complexe, réalisée au contact des nerfs et des gros vaisseaux pelviens. Elle comporte notamment des risques de complications neurologiques et vasculaires. Les bénéfices attendus et les risques sont évalués individuellement avant toute indication opératoire.

Quelles sont les causes d’une compression des nerfs pelvi-périnéaux ?
La compression peut notamment être d’origine cicatricielle, post-opératoire, post-traumatique, vasculaire ou ligamentaire. Certaines atteintes peuvent également être associées à une endométriose profonde.

Où cette chirurgie est-elle pratiquée à Bordeaux ?
Cette chirurgie est pratiquée au sein d’Urologie Bordeaux Saint-Gatien, à la Clinique Tivoli-Ducos, par le Dr Olivier Celhay avec une équipe pluridisciplinaire.

Contenu informatif — ne remplace pas un avis médical.

Le Dr Olivier Celhay réalisant une intervention de neurolyse laparoscopique robot-assistée à la Clinique Tivoli-Ducos

Le Dr Olivier Celhay et son IBODE M. Bertrand Lavielle au bloc opératoire de la Clinique Tivoli-Ducos.